En bref : au Cameroun, l’école primaire publique est officiellement gratuite, mais scolariser un enfant a toujours un coût. Contributions des parents, fournitures, manuels, uniforme, chaussures, transport : selon le niveau, la ville ou le village et le choix entre public et privé, une année scolaire représente de quelques dizaines à plusieurs centaines d’euros par enfant. Pour une famille modeste, c’est souvent plusieurs mois de revenus.
Une école « gratuite » qui ne l’est pas tout à fait
La gratuité des frais de scolarité dans le primaire public ne couvre pas tout. Les établissements demandent souvent une contribution aux parents, par exemple via l’association des parents d’élèves, pour compléter des moyens limités.
À cela s’ajoutent tout ce que l’école exige sans le fournir : les cahiers, les manuels, la tenue. Au secondaire, les frais d’inscription augmentent. Et dans de nombreux quartiers, faute de place dans le public, les familles se tournent vers des écoles privées ou confessionnelles, nettement plus chères.
Les postes de dépense, un par un
Les montants ci-dessous sont des ordres de grandeur indicatifs, pour un enfant et une année scolaire. Ils varient fortement d’une école, d’une ville et d’une année à l’autre, et ne constituent en aucun cas un tarif.
| Poste | Ce que cela recouvre | Ordre de grandeur indicatif |
|---|---|---|
| School fees | Contributions des parents dans le public, frais d’inscription au secondaire, pension dans le privé | Quelques euros à quelques dizaines d’euros dans le public ; souvent plus de 100 € dans le privé |
| Fournitures et manuels | Cahiers, stylos, ardoise, matériel de géométrie, manuels au programme | 20 à 60 €, davantage avec les manuels |
| Uniforme | Tenue exigée par la plupart des établissements | 10 à 25 € |
| Chaussures | Une paire adaptée à la marche et à la saison des pluies | 5 à 20 € |
| Transport | À pied en zone rurale, moto-taxi ou car en ville | De rien à plusieurs euros par semaine |
| Cantine ou goûter | Rarement organisée, souvent un en-cas acheté sur place | Quelques dizaines de centimes par jour |
Sur place, ces montants se paient en francs CFA, dont la parité avec l’euro est fixe : 1 € vaut environ 656 FCFA. Un uniforme à 15 € représente donc près de 10 000 FCFA, une somme importante pour une famille qui vit au jour le jour.
Pris séparément, chaque poste paraît modeste vu de France. Additionnés, et multipliés par le nombre d’enfants d’une famille, ils deviennent une charge lourde, concentrée sur quelques semaines.
Ce qui fait varier la facture
- Public ou privé. C’est le premier facteur. Le privé peut coûter plusieurs fois le prix du public, pour les frais comme pour les fournitures demandées.
- Le niveau. Le passage au collège ou au lycée alourdit les frais, la liste de manuels et souvent le transport.
- La ville ou le village. En ville, l’école est plus proche mais tout coûte plus cher. En zone rurale, c’est la distance et l’état des écoles qui posent problème.
- Le nombre d’enfants. Une famille de cinq enfants doit tout payer en même temps, au même moment de l’année.
La rentrée, un moment critique pour les familles
Tout se joue en septembre. Les dépenses tombent au même moment, et un enfant sans fournitures ni uniforme commence l’année en retard, quand il la commence. C’est aussi à ce moment que certains enfants décrochent, faute de moyens.
Les familles font alors des choix difficiles : scolariser l’aîné et pas le cadet, repousser l’inscription de quelques mois, ou renoncer aux manuels. Une aide qui arrive avant la rentrée, et non après, évite ces arbitrages.
Notre association est née de cette réalité. Notre fondatrice, Nicole Fichant, le raconte : « En août 2024, une rencontre a tout déclenché : une jeune veuve, mère de cinq enfants, qui ne pouvait pas financer la rentrée scolaire. Il fallait agir, tout de suite, et concrètement. »
62 enfants à préparer pour la rentrée 2026-2027
À Douala, l’orphelinat Nouvelle Destinée, notre partenaire officiel, accompagne 65 enfants. Pour la rentrée scolaire 2026-2027, il a lancé un appel à la solidarité pour aider 62 enfants : fournitures et frais de scolarité pour chacun d’eux.
Nous soutenons la scolarité de ces enfants depuis 2025 : frais de scolarité, fournitures, uniformes et chaussures. Selon le bilan communiqué dans notre chronique d’août 2025, 100 % des enfants de l’orphelinat avaient réussi leurs examens de fin d’année. Découvrez la structure sur la page orphelinat Nouvelle Destinée à Douala.
Au-delà de l’orphelinat, nous avons aussi distribué en septembre 2026 du matériel scolaire à des enfants déplacés vivant à la périphérie de Douala, dont les familles ont quitté notamment le Sud-Ouest du pays, confronté depuis plusieurs années à un conflit. Toutes ces actions sont racontées dans nos chroniques mensuelles.
Ce que représente votre don
Un don à Un Cœur Qui Agit ouvre droit à une réduction d’impôt de 66 %, dans la limite de 20 % de votre revenu imposable :
- 50 € vous reviennent à 17 € après réduction d’impôt.
- 100 € vous reviennent à 34 €.
- 250 € vous reviennent à 85 €.
- Un don mensuel permet d’anticiper la rentrée suivante au lieu de la financer dans l’urgence.
Questions fréquentes
L’école est-elle gratuite au Cameroun ?
L’école primaire publique est officiellement gratuite, mais les familles paient le plus souvent des contributions, les fournitures, les manuels et l’uniforme. Au secondaire et dans le privé, des frais de scolarité s’ajoutent.
Quelle est la dépense la plus lourde pour une famille ?
Dans le public, ce sont souvent les fournitures, les manuels et l’uniforme. Dans le privé, les frais de scolarité dominent. Dans tous les cas, c’est la concentration des dépenses à la rentrée qui met les familles en difficulté.
Comment aider un enfant à aller à l’école au Cameroun ?
En faisant un don à une association qui prend en charge sur place les frais de scolarité, les fournitures et les uniformes, comme Un Cœur Qui Agit avec l’orphelinat Nouvelle Destinée à Douala. Votre don est déductible de vos impôts à 66 %.