Accès aux soins en zone rurale au Cameroun : enjeux et solutions

En bref : l’accès aux soins en zone rurale au Cameroun se heurte à trois obstacles principaux : la distance jusqu’au centre de santé, le coût des consultations et des médicaments, et le manque d’équipement des dispensaires existants. Les solutions les plus efficaces combinent l’équipement de structures de proximité, le financement de soins ciblés et la prévention, à commencer par l’accès à l’eau potable. C’est le sens du pilier « Santé et handicap » d’Un Cœur Qui Agit.

Pourquoi se soigner est si difficile dans les villages

Selon l’OMS et la Banque mondiale, au moins la moitié de la population mondiale ne bénéficie pas d’une couverture complète des services de santé essentiels. En Afrique subsaharienne, cet écart est particulièrement marqué entre les villes et les campagnes.

Au Cameroun, les grandes villes comme Douala ou Yaoundé concentrent hôpitaux, cliniques et spécialistes. Dans les villages, la situation est très différente. Lors de nos missions, nous avons rencontré des communautés qui ne disposent d’aucun dispensaire à proximité.

Les quatre grands obstacles

ObstacleCe que cela signifie au quotidienConséquence
La distancePlusieurs heures de marche ou de moto sur des pistes, parfois impraticables en saison des pluiesOn consulte tard, quand la maladie est déjà avancée
Le coûtConsultation, examens, médicaments et transport sont le plus souvent à la charge des famillesOn renonce aux soins ou on s’endette
L’équipementDispensaires sans matériel de base, sans médicaments en stock, parfois sans eau ni électricitéLes soignants ne peuvent pas prendre en charge correctement les patients
La préventionPeu d’informations sur l’hygiène, la nutrition, les vaccinations ou les signes d’alerteDes maladies évitables continuent de circuler

Ces obstacles touchent d’abord les plus fragiles : les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap. Pour elles, un trajet de plusieurs heures est souvent impossible sans aide.

Le transport est souvent le premier frein. Sans véhicule, il faut payer une moto ou un taxi-brousse, parfois pour deux personnes quand le malade doit être accompagné. Pour une famille qui vit de l’agriculture, cette dépense imprévue peut représenter une part importante de ses revenus du mois. Résultat : on attend, on espère que la fièvre passera seule, et l’on ne consulte que lorsque la situation devient grave.

Les soignants eux-mêmes travaillent dans des conditions difficiles. Un infirmier seul pour plusieurs villages, sans électricité stable ni matériel de base, ne peut pas faire de miracles. Équiper ces structures, c’est donc aussi soutenir celles et ceux qui soignent au quotidien.

L’eau potable, première mesure de santé publique

On l’oublie souvent, mais une grande partie des problèmes de santé en zone rurale commence avec l’eau. Selon l’OMS, l’eau insalubre et le manque d’assainissement figurent parmi les principales causes de maladies diarrhéiques, qui restent une cause majeure de mortalité chez les jeunes enfants.

Au camp de Bondé, dans la région du Centre, les habitants dépendent des eaux environnantes pour leurs besoins quotidiens, avec les risques sanitaires que cela implique. C’est pourquoi nos forages d’eau potable, à Bamena, Bamougoum et Omeng, font aussi partie de notre action pour la santé. Découvrez-les sur la page forages d’eau potable au Cameroun.

Ce qui améliore vraiment l’accès aux soins

Il n’existe pas de solution unique. Les approches qui fonctionnent partent des besoins exprimés par les habitants et s’appuient sur les structures déjà présentes.

  • Équiper les dispensaires de proximité. Tables d’examen, tensiomètres, petit matériel de soin, lits : un dispensaire bien équipé évite de nombreux trajets vers la ville.
  • Financer des soins ciblés. Une opération, un traitement ou un suivi médical peut changer la vie d’une personne qui n’aurait jamais pu le payer seule.
  • Organiser des consultations ponctuelles. Faire venir des soignants auprès des populations, par exemple pour des soins dentaires ou des dépistages.
  • Mener des actions de prévention. Hygiène, eau, nutrition, signes d’alerte : sensibiliser coûte peu et évite beaucoup de maladies.
  • Améliorer l’hygiène des lieux de vie. Assainissement, sanitaires, entretien des fosses septiques dans les structures qui accueillent des enfants.

Notre action santé au Cameroun

La santé est l’un des six domaines d’action d’Un Cœur Qui Agit. Notre pilier « Santé et handicap » vise à équiper des dispensaires en zones rurales, à financer du matériel médical et à mener des campagnes de prévention. Nous avançons étape par étape, en fonction des ressources disponibles et toujours avec des partenaires locaux.

Plusieurs actions concrètes ont déjà été menées :

  • Une opération des yeux pour Gilbert. En juin 2025, nous avons accompagné Gilbert, un homme septuagénaire, pour une intervention chirurgicale ophtalmologique. Selon notre compte rendu de mission, l’opération a été réalisée avec succès et lui a permis de retrouver la vue.
  • Des soins dentaires gratuits pour des enfants. Du 5 au 9 juin 2026, à l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain au Centre Social de Bonamoussadi, à Douala, nous avons financé des consultations dentaires réalisées par l’association ASDEV.
  • La santé des enfants de l’orphelinat. À l’Orphelinat Nouvelle Destinée de Douala, nous avons participé à la prise en charge de frais médicaux et à la vidange des fosses septiques pour améliorer l’hygiène des enfants.

Nos missions de terrain nous ont aussi montré l’ampleur des besoins. À Bamena, dans la région de l’Ouest, la population ne dispose pas de dispensaire. À terme, nous souhaitons contribuer à des solutions de soins de proximité, avec une attention particulière pour les enfants, les personnes vulnérables et les femmes enceintes. Chaque étape est racontée dans nos chroniques mensuelles.

Comment agir pour la santé en zone rurale

Vous pouvez contribuer dès aujourd’hui, depuis la France. Votre don finance du matériel, des soins et des actions de prévention, et il est déductible de vos impôts à 66 % : un don de 50 € ne vous coûte que 17 € après réduction.

Vous représentez un dispensaire ou une structure de santé au Cameroun ? Parlez-nous de vos besoins en déposant une demande d’aide. Nous étudions chaque demande avec attention.

Questions fréquentes

Pourquoi l’accès aux soins est-il difficile en zone rurale au Cameroun ?

Les centres de santé sont souvent éloignés, les soins et les médicaments sont en grande partie payés par les familles, et de nombreux dispensaires manquent de matériel. Les routes difficiles en saison des pluies aggravent encore la situation.

Quel est le lien entre eau potable et santé ?

L’eau insalubre est l’une des principales causes de maladies diarrhéiques, particulièrement dangereuses pour les jeunes enfants. Un forage d’eau potable est donc aussi une mesure de prévention sanitaire.

Mon don pour la santé est-il déductible des impôts ?

Oui. Un don à Un Cœur Qui Agit ouvre droit à une réduction d’impôt de 66 %, dans la limite de 20 % de votre revenu imposable. Votre reçu fiscal vous est envoyé par e-mail.

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