En bref : l’hygiène et l’assainissement en Afrique, c’est tout ce qui empêche les excréments et les eaux usées de contaminer l’eau, les mains et la nourriture : des latrines, le lavage des mains au savon, l’évacuation des eaux usées et la vidange des fosses. Sans eux, même une eau potable peut être recontaminée. Selon l’OMS et l’UNICEF, plus de trois milliards de personnes dans le monde n’ont toujours pas accès à un assainissement géré en toute sécurité.
Eau, assainissement, hygiène : un trio inséparable
Les spécialistes parlent d’« EAH » : eau, assainissement et hygiène. Ces trois domaines fonctionnent ensemble. Un forage apporte une eau saine, mais si les familles n’ont pas de toilettes et ne peuvent pas se laver les mains, les microbes continuent de circuler.
- L’eau potable évite d’avaler des microbes en buvant.
- L’assainissement (latrines, fosses, évacuations) isole les excréments et les eaux usées.
- L’hygiène (lavage des mains, propreté de l’eau stockée et des aliments) coupe la transmission au quotidien.
C’est cette combinaison qui fait reculer les diarrhées, le choléra ou la fièvre typhoïde, qui touchent d’abord les jeunes enfants.
Les latrines, première barrière contre les maladies
Des centaines de millions de personnes dans le monde, en grande partie en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, n’ont encore d’autre choix que de faire leurs besoins à l’air libre. Les excréments sont alors entraînés par la pluie vers les sources, les rivières et les puits.
Une latrine bien conçue change cela. Les modèles les plus courants vont de la simple fosse couverte d’une dalle lavable à la latrine améliorée ventilée, qui limite les odeurs et les mouches. Quelques règles de bon sens s’appliquent : la placer à bonne distance et en contrebas des points d’eau, garder une dalle propre et prévoir un point de lavage des mains juste à côté. Pour les filles et les femmes, des toilettes fermées et sûres sont aussi une question de dignité et de sécurité.
C’est particulièrement vrai à l’école. Sans toilettes séparées ni point d’eau, beaucoup d’adolescentes manquent la classe pendant leurs règles. Des latrines propres, fermées et équipées d’eau font partie des conditions d’une scolarité normale.
Le lavage des mains, le geste qui protège le plus
Se laver les mains au savon est l’un des moyens les plus simples et les moins coûteux de prévenir les maladies diarrhéiques et respiratoires. Encore faut-il disposer d’eau et de savon au bon endroit. Les moments clés sont connus :
- après être allé aux toilettes ;
- après avoir changé un bébé ;
- avant de préparer les repas ;
- avant de manger ou de nourrir un enfant.
Un dispositif très simple, comme un bidon muni d’un robinet placé près des latrines, suffit souvent. Le plus important est d’en faire une habitude, à la maison comme à l’école, où les enfants deviennent souvent les meilleurs relais auprès de leur famille.
Gérer les eaux usées et vider les fosses
L’assainissement ne s’arrête pas à la construction des toilettes. Les eaux de vaisselle, de lessive ou de toilette qui stagnent autour des maisons ou d’un point d’eau deviennent des foyers de microbes et de moustiques. Une rigole d’évacuation et un puisard bien placé règlent déjà une grande partie du problème.
Les fosses, elles, se remplissent. Une fosse septique pleine déborde ou s’infiltre dans le sol, contamine l’environnement et peut atteindre les nappes. En ville, notamment, la vidange régulière par un camion spécialisé est indispensable, surtout dans les lieux où vivent beaucoup d’enfants.
À Douala, l’exemple de l’orphelinat Nouvelle Destinée
Nous l’avons vécu très concrètement à l’orphelinat Nouvelle Destinée, notre partenaire officiel à Douala, qui accompagne 65 enfants orphelins et vulnérables. Lors de notre première intervention, le 1er mars 2025, Un Cœur Qui Agit a participé à la vidange des fosses septiques afin d’améliorer les conditions d’hygiène des enfants. Une vidéo consacrée à la vidange de la fosse septique de l’orphelinat est d’ailleurs disponible sur sa page.
Ce n’était qu’un début. L’amélioration des locaux, assainissement et crèche-garderie compris, fait partie de ce que financent vos dons à l’orphelinat, au même titre que les produits d’hygiène. En mai 2026, nous avons apporté un soutien financier aux travaux de construction de la crèche-garderie, qui permettra d’accueillir les tout-petits dans de meilleures conditions.
Ce type d’action est peu spectaculaire. Il ne se prend pas en photo aussi facilement qu’une distribution ou une inauguration. Pourtant, dans un lieu où vivent des dizaines d’enfants, une fosse vidangée, des sanitaires en bon état et du savon disponible sont la base d’une vie quotidienne saine.
Dans les villages, nous agissons aussi pour l’eau : forages d’Omeng, de Bamena et de Bamougoum, et distribution de kits d’hygiène lors de l’inauguration du forage de Bamena, à découvrir sur notre page forages d’eau potable au Cameroun. Votre don est déductible à 66 % de vos impôts : un don de 50 € ne vous coûte que 17 €.
Questions fréquentes
Quelle différence entre hygiène et assainissement ?
L’assainissement désigne les infrastructures qui isolent les excréments et les eaux usées : latrines, fosses, évacuations. L’hygiène désigne les gestes du quotidien, comme le lavage des mains au savon ou la propreté de l’eau stockée.
Pourquoi faut-il vidanger une fosse septique ?
Une fosse pleine déborde ou s’infiltre dans le sol, contamine l’environnement et attire mouches et moustiques. La vidanger régulièrement protège la santé de celles et ceux qui vivent autour, en particulier des enfants.
Un forage suffit-il à protéger la santé d’un village ?
Non. L’eau d’un forage peut être recontaminée pendant le transport ou le stockage. Elle doit aller de pair avec des latrines, le lavage des mains au savon et une bonne évacuation des eaux usées.