En bref : l’autonomisation des femmes en Afrique repose sur quelques leviers concrets : savoir lire et écrire, se former à un métier, développer une activité qui rapporte un revenu, et libérer du temps grâce à l’accès à l’eau potable. Quand une femme gagne en autonomie, c’est souvent toute sa famille qui en profite, à commencer par la scolarité des enfants. C’est l’un des six domaines d’action d’Un Cœur Qui Agit.
Pourquoi l’autonomie des femmes change tout
Dans de nombreux villages d’Afrique subsaharienne, les femmes portent une grande partie de la vie quotidienne : l’eau, les repas, les enfants, les champs, le petit commerce. Elles travaillent beaucoup, mais disposent rarement des moyens de décider pour elles-mêmes.
Leur donner accès à l’éducation, à une formation et à un revenu, ce n’est pas seulement les aider elles. C’est renforcer les familles et les communautés. Une mère qui gagne sa vie peut payer l’école de ses enfants, faire face à une dépense de santé, ou investir dans son activité.
Les quatre leviers de l’autonomisation
| Levier | Ce qu’il permet |
|---|---|
| Alphabétisation | Lire un document, compter, signer, comprendre une ordonnance, suivre la scolarité de ses enfants |
| Formation | Apprendre un métier ou se perfectionner : couture, coiffure, transformation agricole, gestion |
| Activité génératrice de revenus | Disposer de son propre revenu grâce à un petit commerce, un atelier, un salon |
| Accès à l’eau potable | Gagner chaque jour des heures auparavant consacrées à la corvée d’eau |
Ces leviers se renforcent mutuellement. Savoir lire facilite la gestion d’une activité. Le temps gagné sur la corvée d’eau permet de suivre une formation. Et un revenu régulier permet de rester autonome dans la durée.
Alphabétisation et formation : la base
Selon l’UNESCO, près des deux tiers des adultes qui ne savent ni lire ni écrire dans le monde sont des femmes. En Afrique subsaharienne, de nombreuses filles ont quitté l’école tôt, pour aider à la maison ou faute de moyens.
L’alphabétisation des adultes permet de rattraper ce retard. Elle donne confiance, ouvre l’accès à l’information et prépare la suite : une formation professionnelle, puis une activité. Les formations les plus utiles sont souvent courtes, pratiques et liées à un métier qui a des débouchés sur place.
- Des horaires adaptés aux contraintes des femmes, qui travaillent déjà beaucoup.
- Des contenus concrets : lire, compter, tenir un petit cahier de comptes.
- Un accompagnement après la formation, pour transformer l’apprentissage en activité réelle.
L’éducation des filles fait partie de la même équation. Une fille qui va à l’école jusqu’au bout a plus de chances de savoir lire, de se former et de devenir indépendante à l’âge adulte. C’est pourquoi nos actions d’éducation, comme la distribution de fournitures scolaires et la prise en charge de frais de scolarité pour des enfants vulnérables, contribuent aussi, à long terme, à l’autonomie des femmes.
L’eau potable, un gain de temps décisif
Selon l’OMS et l’UNICEF, dans la grande majorité des foyers qui n’ont pas d’eau à domicile, ce sont les femmes et les filles qui vont la chercher. Ce trajet peut prendre plusieurs heures par jour, souvent jusqu’à des sources ou des puits non protégés.
Un forage au cœur du village libère ce temps. Les filles peuvent aller à l’école plus régulièrement, et les femmes peuvent consacrer ces heures à une activité, à une formation ou à leur famille. Pour nous, l’eau potable change tout : la santé des familles, la scolarité des filles, le temps des femmes. Nos forages à Bamena, Bamougoum et Omeng sont présentés sur la page forages d’eau potable au Cameroun.
La santé compte aussi. Une femme enceinte qui doit marcher des heures pour consulter, ou une mère qui renonce aux soins pour payer l’école de ses enfants, voit son autonomie limitée. Rapprocher les soins des populations isolées, avec une attention particulière pour les femmes enceintes, fait partie de nos ambitions pour les années à venir.
Notre engagement pour l’autonomie des femmes
L’autonomisation des femmes figure parmi les six domaines d’action d’Un Cœur Qui Agit, avec trois axes : l’alphabétisation, la formation et les activités génératrices de revenus. Ce domaine fait écho à notre histoire : l’association est née en 2024 de la rencontre avec une jeune veuve, mère de cinq enfants, qui ne pouvait pas financer la rentrée scolaire.
Sur le terrain, nous cherchons à aller au-delà de l’aide ponctuelle. En mai 2026, à Douala, notre équipe a rencontré Madame Dogmo, une femme en situation de handicap depuis la naissance, qui avait sollicité l’association pour développer son activité professionnelle. Une aide financière lui a été remise pour acheter les produits nécessaires à son salon de coiffure. C’est exactement l’esprit de ce domaine d’action : renforcer, lorsque c’est possible, l’autonomie des personnes accompagnées.
Vous portez un projet de formation ou d’activité au Cameroun, ou vous connaissez un groupe de femmes qui a besoin d’un coup de pouce ? Déposez une demande d’aide : nous étudions chaque demande avec attention.
Comment soutenir l’autonomisation des femmes
- Faire un don. Il est déductible de vos impôts à 66 % : un don de 50 € ne vous coûte que 17 € après réduction.
- Donner de votre temps. Communication, recherche de partenaires, appui aux projets : découvrez nos missions bénévoles.
- Mobiliser votre entreprise. Mécénat financier, dons en nature ou de compétences peuvent soutenir des projets de formation.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’autonomisation des femmes ?
C’est le fait de donner aux femmes les moyens de décider pour elles-mêmes : savoir lire et écrire, se former, disposer d’un revenu propre et avoir accès aux services de base comme l’eau et la santé.
Quel est le lien entre l’eau potable et l’autonomie des femmes ?
Dans la plupart des foyers sans eau à domicile, ce sont les femmes et les filles qui vont la chercher. Un point d’eau proche leur fait gagner chaque jour un temps précieux pour l’école, le travail ou la formation.
Qu’est-ce qu’une activité génératrice de revenus ?
C’est une petite activité économique, comme un commerce, un atelier ou un salon de coiffure, qui permet à une personne de gagner un revenu régulier et de gagner en autonomie.