Peuples pygmées au Cameroun : qui sont-ils, quels défis ?

En bref : les peuples pygmées au Cameroun, que l’on désigne de plus en plus comme des peuples autochtones des forêts, regroupent plusieurs communautés distinctes, dont les Baka, les Bagyeli et les Bedzan. Leur mode de vie est historiquement lié à la forêt. Aujourd’hui, beaucoup de familles font face à des difficultés d’accès aux droits, à l’école, aux soins, à l’eau potable et à la terre. Depuis novembre 2024, Un Cœur Qui Agit accompagne les familles du camp de Bondé, dans la région du Centre.

Qui sont les peuples autochtones, dits pygmées, du Cameroun ?

Le mot « pygmée » est un terme extérieur, très ancien, longtemps employé de façon dévalorisante. Certaines personnes concernées le jugent réducteur. Beaucoup préfèrent être désignées par le nom de leur peuple. Au Cameroun, on parle aussi de « peuples autochtones des forêts ».

Ces peuples ne forment pas un groupe unique. Chacun a sa langue, son histoire et ses territoires. On distingue généralement :

  • Les Baka, le groupe le plus nombreux, présents principalement dans les forêts de l’Est et du Sud du pays.
  • Les Bagyeli (aussi appelés Bakola), installés surtout dans le Sud, en direction de la côte atlantique.
  • Les Bedzan, une communauté plus réduite, établie dans la région du Centre.

Leur connaissance de la forêt, des plantes et des animaux est remarquable, et leurs musiques et leurs chants sont reconnus bien au-delà du Cameroun. Il est important de ne pas réduire ces peuples à une image figée : beaucoup de familles vivent aujourd’hui dans des villages ou des camps sédentaires, au contact des autres communautés.

Les défis auxquels ils font face

Les organisations de défense des droits des peuples autochtones décrivent des difficultés qui se retrouvent dans plusieurs pays d’Afrique centrale. Elles varient d’une communauté à l’autre, mais certaines reviennent souvent.

DomaineDifficulté fréquente
DroitsAbsence d’acte de naissance ou de pièce d’identité, qui complique l’accès à l’école, aux soins et aux démarches administratives
ÉducationÉcoles éloignées ou en mauvais état, frais scolaires, enseignement dans une langue qui n’est pas celle des enfants
SantéCentres de santé lointains, coût des soins, accès limité à l’eau potable
Terre et forêtRéduction de l’accès aux espaces forestiers traditionnels, droits fonciers rarement reconnus
Vie quotidienneAlimentation, vêtements, couchages et ustensiles souvent insuffisants

La Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, adoptée en 2007, rappelle que ces peuples ont droit à l’éducation, à la santé et à la préservation de leur culture. Chaque 9 août, la Journée internationale des peuples autochtones met ces enjeux en lumière.

Notre action au camp de Bondé

Le camp de Bondé se trouve dans la région du Centre du Cameroun. Des familles issues des peuples autochtones, dits pygmées, y vivent dans des conditions de grande précarité. Après une première mission de prise de contact en octobre 2024, notre équipe y est revenue le 30 novembre 2024.

  • Remise de dons. Une distribution de denrées alimentaires et de produits de première nécessité a été organisée pour les familles du camp.
  • Rencontre avec le chef du camp. Un entretien a permis de recenser les besoins, tels que les habitants eux-mêmes les expriment.
  • Visite de la salle de classe. Nous avons découvert l’endroit où les enfants du camp vont à l’école.
  • Témoignages filmés. Des habitants et un notable du camp ont raconté à notre équipe les réalités de leur vie quotidienne.

Ces échanges ont mis en évidence plusieurs priorités. L’absence d’accès sécurisé à l’eau potable est l’une des principales difficultés : les habitants dépendent des eaux environnantes. L’amélioration de l’école et du matériel du quotidien, comme les couchages, les ustensiles et certains outils, fait aussi partie des besoins identifiés. Une demande portant sur 250 matelas nous a notamment été adressée.

Cette première intervention marque le début d’un engagement que nous souhaitons poursuivre dans la durée. Nos priorités pour Bondé sont claires : rechercher des solutions pour l’accès à l’eau potable, dont l’étude d’un forage, et contribuer à l’amélioration des conditions scolaires des enfants. Comme dans chacune de nos actions, ces projets seront construits avec les habitants et développés progressivement, en fonction des ressources disponibles.

Les vidéos de la distribution, de l’entretien avec le chef et de la visite de la classe sont disponibles sur notre page Omeng et Bondé, au Centre Cameroun et sur nos vidéos de terrain.

Agir avec respect : nos principes

Venir en aide à une communauté autochtone demande de la délicatesse. Nous voulons agir aux côtés des familles, jamais à leur place.

  1. Écouter d’abord. Chaque action part d’une rencontre avec le chef et les habitants, qui expriment eux-mêmes leurs besoins.
  2. Respecter la culture et les choix. Nous n’imposons pas un mode de vie : nous répondons à des demandes concrètes.
  3. Préserver la dignité. Les témoignages que nous filmons servent à faire connaître les réalités vécues, pas à apitoyer.
  4. Construire dans la durée. Une distribution répond à l’urgence ; un accès à l’eau ou une école en bon état change la vie pour des années.

Comment soutenir les familles du camp de Bondé

Les besoins restent importants : eau potable, école, couchages, soins. Votre don nous permet de poursuivre notre engagement et de construire, étape par étape, des réponses durables avec les habitants. Il est déductible de vos impôts à 66 % : un don de 100 € ne vous coûte que 34 €, et vous recevez votre reçu fiscal par e-mail.

Vous pouvez aussi nous aider autrement : en partageant nos vidéos tournées au camp de Bondé, qui font connaître les réalités vécues par ces familles, ou en nous signalant une structure locale qui agit déjà auprès des peuples autochtones. Faire connaître, c’est déjà commencer à agir.

Questions fréquentes

Quels sont les peuples pygmées du Cameroun ?

On distingue généralement les Baka, présents surtout dans l’Est et le Sud, les Bagyeli ou Bakola, dans le Sud, et les Bedzan, dans la région du Centre. Chaque peuple a sa langue et son histoire.

Le mot « pygmée » est-il péjoratif ?

C’est un terme extérieur, longtemps employé de façon dévalorisante, et certaines personnes concernées le jugent réducteur. On parle de plus en plus de peuples autochtones des forêts, ou on utilise le nom de chaque peuple.

Que fait Un Cœur Qui Agit au camp de Bondé ?

Le 30 novembre 2024, nous avons remis des dons de première nécessité aux familles, rencontré le chef du camp pour recenser les besoins et visité la salle de classe. L’accès à l’eau potable et l’école restent des priorités.

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